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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 09:22

 

 

                 Jeune noble du pays basque, Ignace de Loyola (1491-1556) a connu une expérience spirituelle fondatrice après avoir été blessé à la bataille de Pampelune. Décidé à prendre « la suite du Christ », le futur fondateur de la congrégation jésuite met au point les Exercices spirituels, relecture de vie qui aide à percevoir les signes de l’Esprit Saint.)

 

Clé n° 1 : Avoir le désir de suivre le Christ

                Le « discernement des esprits » n’est pas d’abord une méthode. C’est répondre à la question : comment mieux suivre le Christ, comment mieux vivre l’Evangile ? Dans une société qui n’est plus vraiment religieuse, en l’absence d’indicateurs clairs, qu’est-ce qui va être pour moi signe du Christ ressuscité ?

                Le discernement suppose que j’aie en moi le désir de suivre le Christ, de donner un sens à ma vie. Parfois, c’est le fait d’avoir un choix à faire qui réveille cela : une préparation au mariage, le projet de créer une entreprise, des difficultés de couple…

                C’est ce questionnement que découvre Ignace, jeu courtisan « adonné aux vanités du monde », quand il est sur son lit de convalescence à Loyola : suis-je décidé à préférer le christ à tout le reste ?

 

Clé n° 2 : Apprendre à reconnaître ce qui se passe en moi

                Des choses (événements, paroles, textes biblique) résonnent en moi durablement ; d’autres non. Des choses me donnent du goût, me replient, me font du mal. C’est parfois simple à reconnaître, parfois moins… Certains concluent un peu vite qu’ils font la volonté de Dieu s’ils sont momentanément heureux d’une situation ; ou à l’inverse, si quelque chose est ardu, que ce n’est pas le chemin de Dieu.

                Ignace l’a expérimenté. Il n’est pas soldat dans l’âme, c’est un hidalgo qui rêve de grandeur. Au siège de Pampelune, il s’est pris le premier boulet venu. Ses rêves de jeune chevalier s‘effondrent. Blessé, boiteux, coincé à Loyola, il se met à lire deux types d’ouvrage : des romans de chevalerie et des vies de saints. Alors « ses yeux s’ouvrent » ; il comprend que quelque chose se passe en lui : les romans excitent son imagination, mais quand il arrête d’y penser, il reste sec et froid. Au contraire, lorsqu’il s’imagine agir pour le Christ, lorsqu’il s’arrête d’y penser, son cœur reste « chaud », sa motivation intacte. Ainsi apprends-il à distinguer en lui ce qui vient de Dieu de ce que vient du Démon.

                C’est une expérience que chacun peut faire… A condition de ne pas vouloir aller trop vite et d’être attentif.

 

Clé n° 3 : Etre accompagné

                On ne discerne pas seul. Pour déchiffrer ce qui se passe en nous, nous avons besoin de quelqu’un d’autre. Un peu comme le psy, l’accompagnateur aide à faire mémoire, et joue comme un miroir. Mais pas seulement.

                Regardons deux personnages de l’Evangile : Pierre et Nicodème. Lorsque Pierre affirme que Jésus est le messie, avant de rejeter la possibilité qu’Il souffre, Jésus lui signale ce qui vient de Dieu dans ses paroles, puis ce qui vient de Satan. De même, Jésus reconnaît que Nicodème est inspiré, mais Il l’emmène plus loin.

                L’écriture nous dit que quiconque veut faire la vérité vient à la lumière : aller trouver un prêtre, une religieuse ou un laïc bien formé à l’accompagnement pour voir plus clair, c’est aller vers la lumière et déjà agir dans l’Esprit.

 

Clé n° 4 : Faire le tri

C’est l’étape décisive : discerner, c’est faire le tri, séparer ce qui est bon et ce qui mène à une impasse. Tout n’est pas objet de discernement élaboré, bien sûr. Et attention : on n’a pas à discuter entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux. Quand l’alternative se présente d’emblée ainsi, il n’y a pas de discernement ! On discerne quand il y a des possibles qui sont moralement bond : embrasser tel métier, s’engager dans telle association… On peut aussi avoir à discerner le moindre mal dans une situation complexe.

                Aller à la suite du Christ demande d’aller là où je peux donner le meilleur de moi-même, pour faire grandir l’amour et bâtir l’Eglise. Mais la réponse n’est pas forcément la plus évidente. Par exemple, je peux découvrir à la faveur d’un discernement que je dois dire non à telle sollicitation paroissiale, parce que cela représenterait une fuite de mon devoir d’état, de ma famille. Alors qu’au premier abord cela avait l’air d’une bonne piste.

 

Clé n° 5 : Relire ma vie quotidiennement

                Ce qui confirme un choix, c’est qu’il me fait vivre. Je vois que j’ai une vraie préférence pour cela. Il peut y avoir un temps de confirmation : au début d’un nouveau poste, par exemple, je peux ressentir que c’est difficile, mais que  c’est vraiment mon chemin.

                Prendre le temps de relire sa vie chaque jour aide à percevoir ce qui est convergent, ce qui revient régulièrement, en dehors des choix décisifs. Il est important de pouvoir reconnaître où j’en suis quotidiennement avec le Seigneur. Car discerner, cela commence par repérer la présence du Christ dans ma vie, et en rendre grâce.

 

Ils ont dit :

« Accorde-moi, Seigneur, la sérénité d’accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer ce qui peut être changé, et la sagesse de les distinguer l’un de l’autre. »

Prière attribuée à Marc-Aurèle, reprise par les Alcooliques anonymes.

 

« Donnez au Seigneur le bénéfice de croire que sa main vous conduit et acceptez la peur de vous sentir comme suspendu et incomplet. »

Père Teilhard de Chardin

 

« Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito. »

Albert Einstein

 

Article dans le supplément de Famille Chrétienne n° 1762

Par le père Remi de Maindreville, directeur de la revue de spiritualité Christus.

 

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Published by Paroisse Saint Pierre en Pays d'Auge - dans Formation - Culture - Loisirs
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